Réseaux enterrés : e-Nails sur le chantier, en pratique
Un nouvel outil de relevé ne se juge pas sur sa fiche technique. Il se juge sur ce qu’il demande le matin du chantier : combien de temps, qui s’en charge, quelles contraintes sur un site déjà encombré, et ce que l’équipe a entre les mains en fin d’intervention.
Cet article suit l’usage d’e-Nails lors d’une intervention sur des réseaux enterrés en rue étroite, dans l’ordre où une équipe de travaux la vit : la veille, la pose, la tranchée, le chantier lui-même, la sortie des données. Il dit aussi où le dispositif a déjà servi.
Il s’adresse aussi à ceux qui évaluent un outil avant de le proposer aux chantiers : ce qu’il demande en temps, en compétences et en organisation est dit ici sans détour. Le fonctionnement du dispositif, sa précision et la façon dont elle est vérifiée ont été traités dans nos articles précédents. Ils ne sont pas repris ici, sinon par un lien.
Tous les chantiers en ville ne justifient pas e-Nails. Un chantier à ciel dégagé se relève au GNSS. C’est dans les rues étroites, entre des façades hautes, qu’e-Nails apporte, en complément du satellite, une géolocalisation de précision.
Des cartes de couverture GNSS, établies par Natran R&I, identifient ces rues ; leur principe est présenté dans « Canyon urbain : pourquoi le GPS décroche en ville ». Pour une rue donnée, vous pouvez aussi nous poser la question, comme le propose la fin de cet article.
Si la rue est concernée, la préparation commence par trois questions. Où la tranchée sera-t-elle ouverte dans les jours qui viennent ? Où poser les mâts le long de la zone de travaux, sans gêner la circulation sur l’emprise ? Qui relèvera les premières ancres, et à quel moment ? De la réponse à cette dernière question dépend l’heure des premières mesures dans la fouille.
Une intervention ponctuelle relève de la version nomade, décrite dans « Précision centimétrique par UWB : comment fonctionne e-Nails ». Sur place, chaque ancre est fixée sur un mât télescopique et pliable, déployé le temps de l’intervention, puis replié et rangé. Les ancres arrivent avec l’équipe et repartent avec elle. Contrairement à la version fixe, elles ne s’accrochent pas au mobilier urbain.
Une ancre e-Nails sur son mât, déployé le temps de l’intervention.
La pose de six ancres en version nomade prend moins d’une heure. Le relevé des premières ancres est une étape distincte, dont la durée dépend de la méthode employée.
Ce relevé porte sur quatre ancres environ. Il peut être réalisé par un géomètre ou par tout opérateur formé et compétent, équipé d’un GNSS RTK ; les autres ancres se positionnent ensuite par rapport à ces premières, comme le détaille « Détecter et géoréférencer : e-Nails et le géoréférencement ». Le paramétrage s’effectue à cette occasion ; il n’est pas à refaire à chaque mesure.
Le dispositif couvre la portion de rue où ses ancres sont posées. Quand le chantier avance au-delà, les mâts se déplacent avec lui, et chaque nouvelle pose s’accompagne d’un nouveau relevé et d’un nouveau paramétrage.
Une fois les ancres posées et relevées, les mesures ne demandent plus le géomètre. Elles sont faites par un opérateur formé à l’usage du tag, le module mobile du dispositif.
Le geste ressemble à celui d’un relevé à la canne. Le tag se pose sur le point à relever, directement au sol ou au bout d’une canne, et la position s’enregistre point par point. Au fond de la fouille, les points à relever sont ceux de l’ouvrage posé : l’axe de la canalisation, un changement de direction, un raccord.
Au bord de la fouille, la position de l’ouvrage se relève au tag, porté sur une canne.
Mieux vaut arrêter avant la journée la liste des points à relever, et la partager entre l’équipe qui pose le réseau et l’opérateur du tag : chacun sait alors ce qui doit être pris avant le remblai.
Le dispositif s’engage sur la position en plan : sa précision y est inférieure à 10 cm en X et en Y. À ce jour, e-Nails ne revendique aucune performance sur l’axe Z : la cote de l’ouvrage reste à prendre par vos moyens habituels.
Le dispositif a une sensibilité connue : les structures en acier de type échafaudage à proximité du tag et les véhicules de fort volume (autobus immobilisés…) dégradent la mesure. Sur une emprise de travaux, ce type d’objet fait partie du décor : barrières de chantier métalliques, pelleteuse, camion de livraison.
Deux habitudes en découlent ; une troisième tient au relevé des ancres. Toutes se prennent dès la préparation.
Choisir le moment du relevé. Un point se relève de préférence quand l’engin s’est écarté de la fouille, pas pendant qu’il travaille au bord.
Placer les barrières en pensant au tag. Un tag posé contre une barrière métallique ne mesure pas dans les mêmes conditions qu’un tag au milieu de la tranchée. Les barrières se placent en conséquence, quand c’est possible.
Protéger les mâts. Un mât heurté ou déplacé n’est plus à la position qui a été relevée. Il se repose et se relève, comme lors d’un déplacement du dispositif.
Aucune de ces habitudes ne demande d’équipement de mesure en plus. Elles demandent que le relevé soit pensé avec le phasage du chantier, et non ajouté après.
Les positions relevées s’exportent en CSV ; elles sont aussi accessibles par l’interface API. Avant de compter sur ces fichiers pour un chantier, vérifiez lors d’un premier essai qu’ils entrent tels quels dans vos outils de dessin. Le relevé de l’ouvrage posé rejoint ensuite les autres éléments de l’intervention, vers le bureau d’études ou l’exploitant du réseau.
D’abord sur les sites de Natran. L’aire d’essais de Villeneuve-la-Garenne fonctionne en laboratoire depuis trois ans. Une seconde aire d’essais est installée à Alfortville. Bondy est le site d’un chantier test.
À Villemomble, ce sont les équipes de la Direction des opérations de Natran qui ont essayé le dispositif. S’y ajoute le pilote urbain en version fixe à Chaville (92), dont les écarts mesurés figurent dans notre article consacré à la précision du dispositif.
Un chantier d’entreprise de travaux pose ses propres questions : ses délais, ses contraintes de site, ses équipes. Ce sont celles que nous voulons maintenant entendre.
Votre prochain chantier en rue étroite
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