UWB, 5G, GNSS : quelle technologie pour le centimètre ?
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Sur l’avenue Roger-Salengro, à Chaville, 24 petits boîtiers blancs sont fixés sur les candélabres, du n° 1520 au n° 1830. Ils se fondent dans le mobilier de la rue. Leur rôle : permettre aux équipes de travaux de savoir précisément où passent les réseaux qu’elles posent sous la chaussée.
Ces boîtiers forment e-Nails, une solution de géolocalisation de précision développée par Natran R&I. Là où le GPS se trompe, entre des immeubles, chaque boîtier sert de repère fixe, et un appareil tenu à la main calcule sa position par rapport à ces repères. Le fonctionnement est détaillé dans « Précision centimétrique par UWB : comment fonctionne e-Nails ».
Ce qui suit raconte ce pilote du côté de la commune : le choix de l’avenue, les démarches, l’allure de la rue, les vérifications faites, et ce qu’une ville peut en retenir pour ses propres travaux. Il s’adresse d’abord aux élus et aux services techniques qui préparent des chantiers de réseaux.
Natran R&I résume ainsi le contexte : « De nombreux travaux de voirie sont programmés sur cette portion de l’avenue Roger Salengro. La multiplicité des réseaux enterrés devant être posés ou réhabilités peut engendrer des nuisances importantes aux riverains dans cette zone fortement urbanisée. Les équipes de Natran R&I innovent dans les outils de géoréférencement en zone blanche. »
Une « zone blanche », dans ce contexte, est une rue où le satellite ne permet plus de situer un ouvrage avec exactitude. Entre des immeubles, un récepteur GPS capte moins de satellites, et une partie des signaux lui parvient après avoir rebondi sur les façades. La position affichée peut alors s’écarter de la réalité de 50 cm au minimum, et jusqu’à plusieurs mètres dans les cas les plus dégradés. L’explication complète est dans « Canyon urbain : pourquoi le GPS décroche en ville ».
Une avenue dense, avec de nombreux réseaux à poser ou à rénover : c’est le cas concret pour lequel le dispositif a été conçu, et donc le bon endroit pour l’éprouver.
La démarche s’est déroulée en quelques étapes.
Deux interlocuteurs. Côté commune, les interlocuteurs ont été le service technique de la mairie et le maire.
Une étude du terrain, d’abord. Avant toute pose, une étude détermine quels supports recevront les boîtiers, et où, le long de l’avenue. Les candélabres sont le meilleur support ; d’autres restent envisageables, une fois cette étude faite.
Une pose sur le mobilier existant. À Chaville, les boîtiers sont fixés sur les candélabres, répartis alternativement à 3, 4 ou 5 m de hauteur, espacés de 30 à 60 m selon l’emplacement. Aucun poteau n’a été ajouté dans la rue.
Un relevé de départ. Une fois les boîtiers posés, quatre d’entre eux environ sont relevés par un géomètre ou par tout opérateur formé et compétent, équipé d’un GNSS RTK ; les autres se positionnent ensuite par rapport à ces premiers. Ce relevé donne au dispositif sa référence, et il n’a lieu qu’une fois.
Un calendrier daté. Le dispositif a été mis en route le 18 juin 2025, puis déployé sur un an.
Un cadre européen. Les installations de Chaville s’inscrivent dans le programme européen d’innovation Eureka.
À une rue ordinaire. Chaque boîtier mesure 22 cm sur 15, pour 4 cm d’épaisseur : à peu près le format d’un livre. Il est fixé sur le mât du candélabre, à une hauteur où on ne le remarque guère. Il fonctionne sur sa propre batterie, rechargée par un petit panneau solaire, comme le précise l’article consacré au dispositif.

Le choix du candélabre n’a rien d’anodin. Pour équiper une ville d’objets connectés, deux voies existent : construire un réseau de supports dédiés, ou utiliser ceux qui sont déjà en place, sans ajouter d’objets dans un espace public déjà chargé. e-Nails a choisi la seconde. Le réseau d’éclairage public est d’ailleurs identifié comme un levier du développement des villes intelligentes, et la modernisation des candélabres comme une occasion d’y intégrer des objets connectés, par la FNCCR dans son Guide de l’élu local et intercommunal : Éclairage public (édition 2021).
Rien n’est définitif pour autant. La dépose se fait avec restitution à l’identique : le support du boîtier est décroché, et peut resservir ailleurs.
Un pilote ne vaut que par ce qu’il mesure. La méthode retenue est celle qu’emploient les professionnels du relevé : des points de l’avenue ont été relevés par un géomètre, puis les positions calculées par e-Nails sur ces mêmes points leur ont été comparées. La référence vient d’un instrument extérieur au dispositif : c’est ce qui rend la comparaison crédible.

Les mesures se sont étalées sur plusieurs campagnes, de l’été 2025 à l’été 2026. La précision annoncée est inférieure à 10 cm en X et en Y, c’est-à-dire sur le plan de la rue. À ce
jour, e-Nails ne revendique aucune performance sur l’axe Z, la profondeur. Les écarts mesurés, campagne par campagne et valeurs hautes comprises, sont publiés dans l’article consacré au dispositif.
Pour une commune, l’enjeu n’est pas la technologie : c’est la rue, ses travaux et ses riverains. Trois points méritent d’être retenus.
Un chantier qui sait où creuser. Quand un réseau est mal placé sur le plan, l’entreprise qui rouvre la chaussée ne le trouve pas à l’endroit attendu. Elle doit alors le chercher, souvent à la main, pendant que la rue reste ouverte. Une position juste au plan, c’est un chantier qui commence au bon endroit.
Une position qui resservira. Relevée avec précision au moment de la pose, la position d’un ouvrage sert ensuite de base à toutes les interventions qui suivront, pendant des décennies. C’est le sujet de « Géoréférencement des réseaux enterrés : la donnée qui dure ».
Une réponse à une situation connue. Une avenue où les chantiers de réseaux se succèdent, avec leur cortège de gênes pour les habitants, n’a rien d’exceptionnel. C’est précisément cette situation qui a conduit au pilote de Chaville.
Le GPS garde sa place dans les rues bien dégagées : e-Nails ne vient qu’en complément, entre les immeubles.
Votre commune prépare des travaux de réseaux dans des rues étroites ? Parlons-en : nous vous dirons si e-Nails peut y servir, et ce que cela demanderait.
Natran R&I a par ailleurs développé des cartes de couverture GNSS : elles signalent les rues où le satellite peine à situer un ouvrage avec précision.
L’équipe e-Nails, Natran R&I
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